Changer de serveur DNS : procédures pas à pas
Changer de résolveur DNS prend deux minutes sur n'importe quel appareil, à condition de savoir où cliquer et de vérifier ensuite que le réglage est bien appliqué. Ce guide donne les chemins exacts pour Windows, macOS, Linux, Android, iOS et les box, les commandes de contrôle, et surtout les situations dans lesquelles votre réglage est silencieusement ignoré.
L'essentiel
- Changer de DNS ne masque pas votre adresse IP et ne chiffre rien par défaut.
- Notez le réglage actuel avant de le modifier : c'est votre seul moyen de revenir en arrière proprement.
- Traitez toujours IPv4 et IPv6 : un résolveur annoncé en IPv6 peut annuler votre réglage IPv4.
- Le réglage le plus efficace se fait sur la box, mais toutes ne l'autorisent pas.
- Après modification, vérifiez avec
nslookup,digouResolve-DnsName, puis videz le cache.
Pourquoi changer de résolveur, et pourquoi s'en abstenir
Le résolveur DNS est le service qui traduit mon-adresse-ip.net en adresse IP avant que votre navigateur n'ouvre la moindre connexion. Par défaut, votre appareil utilise celui que lui annonce le réseau auquel il est branché, c'est-à-dire, à la maison, celui de votre opérateur. Le mécanisme complet est décrit dans notre guide du DNS ; retenez ici qu'aucune page web ne s'ouvre sans cette étape.
Cinq raisons légitimes conduisent à en changer :
- La rapidité de résolution : un résolveur bien dimensionné et proche de vous répond en quelques millisecondes. Le gain se mesure au premier accès à un domaine, jamais sur le débit.
- Le contournement d'un défaut de résolution : les pannes de résolveur d'opérateur existent : la connexion fonctionne, mais plus aucun nom ne se résout. Disposer d'une alternative notée à l'avance évite une soirée d'incompréhension.
- Le filtrage : certains résolveurs bloquent les domaines connus pour diffuser des logiciels malveillants ou de l'hameçonnage, d'autres proposent un filtrage publicitaire ou familial.
- La vie privée : votre résolveur voit la liste des noms que vous demandez. Choisir qui tient ce journal est un choix légitime, à condition d'avoir lu la politique du service retenu.
- La fiabilité : un service anycast réparti sur plusieurs continents encaisse mieux les incidents qu'une paire de machines régionales.
Il existe pourtant de vraies raisons de ne pas changer. D'abord la proximité réseau : le résolveur de votre opérateur se trouve sur son propre réseau, à quelques sauts de votre box, et il est fréquemment le plus rapide, quoi qu'en disent les comparatifs mesurés depuis des centres de données. Ensuite les réseaux de diffusion de contenu : beaucoup de plateformes vidéo et de services de mise en cache choisissent le serveur qui vous répondra à partir de la position du résolveur qui les interroge. Un résolveur lointain, ou qui ne transmet pas d'indication de localisation, peut vous orienter vers un serveur de cache plus éloigné, avec à la clé une qualité vidéo dégradée alors même que votre débit est intact. Enfin, le résolveur de la box est parfois le seul à connaître les noms internes de votre installation : interface d'administration, imprimante, service de télévision.
Avant toute chose : notez le réglage en cours. Sous Windows, ipconfig /all affiche la ligne « Serveurs DNS » ; sous Linux, resolvectl status ; sur macOS, l'onglet DNS affiche en gris les valeurs héritées du réseau. Ces adresses sont votre chemin de retour en cas de problème.
Ce que changer de DNS ne fait pas
C'est l'idée reçue la plus tenace du sujet, il faut donc la traiter d'emblée : changer de serveur DNS ne masque pas votre adresse IP. Le résolveur ne transporte pas votre trafic, il répond à une question. Une fois l'adresse obtenue, votre appareil se connecte directement au site, avec sa propre adresse IP publique, exactement comme avant. Vous pouvez le constater en une seconde : modifiez votre résolveur, puis rechargez la page d'accueil, l'adresse affichée sera identique.
Deuxième point, tout aussi mal compris : le DNS classique n'est pas chiffré. Les requêtes partent en clair sur le port 53. Votre opérateur, l'administrateur du réseau ou toute personne en position d'écoute peut lire les noms demandés, même si vous avez choisi un autre résolveur. Le chiffrement s'obtient séparément, avec DoH ou DoT : voir notre guide du DNS chiffré. Sur Android, le réglage « DNS privé » décrit plus bas combine d'ailleurs les deux opérations.
Troisième point : le résolveur ne voit que des noms de domaine, pas le contenu des pages, protégées par HTTPS. Il ne bloque pas les virus, ne supprime pas les traceurs déjà installés dans votre navigateur et ne change rien à votre empreinte de navigateur. Un changement de DNS est un choix d'infrastructure, pas une mesure d'anonymat.
Choisir un résolveur : les critères objectifs
Il existe des résolveurs publics opérés par de grands acteurs de l'infrastructure Internet, des résolveurs associatifs européens portés par des collectifs de bénévoles ou des fournisseurs d'accès associatifs, et des résolveurs proposés par des éditeurs de sécurité. Nous n'en recommandons aucun : ce site ne classe pas de produits. Voici en revanche les critères à examiner avant de saisir une adresse dans vos réglages.
| Critère | Ce qu'il faut vérifier concrètement |
|---|---|
| Journalisation | Durée de conservation des requêtes, données enregistrées (adresse IP complète ou tronquée), finalité déclarée, existence d'un audit externe. Une politique qui ne mentionne pas de durée n'en est pas une. |
| Filtrage | Le service bloque-t-il des domaines ? Sur quels critères, avec quelle liste, et existe-t-il une procédure pour signaler un blocage abusif ? Un résolveur filtrant ne se comporte pas comme un résolveur neutre. |
| DNSSEC | Le résolveur valide-t-il les signatures ? Cela protège contre les réponses falsifiées pour les domaines signés, ce qui reste une minorité des domaines. |
| DoH et DoT | Indispensable si vous voulez chiffrer : Android exige un nom d'hôte DoT, les navigateurs et iOS s'appuient sur DoH. |
| Proximité réseau | Le service dispose-t-il d'un point de présence en France ou dans un pays limitrophe ? Mesurez-le vous-même avec un ping ou un traceroute avant de vous décider. |
| Localisation transmise | Transmission ou non d'une indication de sous-réseau client aux serveurs faisant autorité. Sans elle, les grands réseaux de diffusion vous orientent moins finement ; avec elle, un fragment de votre position transite vers des tiers. |
| Gouvernance | Qui finance le service, sous quel droit est-il établi, quel est son modèle économique ? Un service gratuit sans modèle explicite mérite une question de plus. |
Dans toutes les procédures qui suivent, les adresses 203.0.113.53, 203.0.113.54 et 2001:db8::53 servent d'exemples : ce sont des plages réservées à la documentation, volontairement inutilisables. Remplacez-les par les adresses réelles du résolveur que vous avez choisi.
Windows 11 et Windows 10
Point important et souvent ignoré : sous Windows, le réglage DNS appartient à la carte réseau, pas au réseau Wi-Fi. Modifier le DNS de la carte Wi-Fi l'applique à tous les réseaux sans fil auxquels vous vous connecterez, y compris ceux d'un hôtel ou d'un café. La carte Ethernet, elle, garde son propre réglage : il faut donc traiter les deux.
Windows 11 : par les Paramètres
- Ouvrez les Paramètres Touche Windows + I, puis Réseau et Internet.
- Sélectionnez la connexion Cliquez sur Wi-Fi puis sur Propriétés du matériel, ou sur Ethernet si vous êtes en filaire.
- Modifiez l'attribution DNS Repérez la ligne Attribution du serveur DNS et cliquez sur Modifier.
- Passez en Manuel Dans la liste déroulante, remplacez Automatique (DHCP) par Manuel.
- Activez IPv4 Basculez l'interrupteur IPv4, saisissez
203.0.113.53dans DNS préféré et203.0.113.54dans DNS auxiliaire. - Activez IPv6 Si votre connexion est en IPv6, ce qui est le cas chez la plupart des opérateurs français, basculez également l'interrupteur IPv6 et saisissez les adresses IPv6 du résolveur, par exemple
2001:db8::53. Sans cette étape, le système peut continuer à utiliser le résolveur annoncé par le réseau. - Choisissez le chiffrement Le champ Chiffrement DNS préféré permet de demander DoH. L'option Chiffré uniquement coupe la résolution si le résolveur ne le prend pas en charge : commencez par Automatique.
- Enregistrez Cliquez sur Enregistrer, puis videz le cache DNS (voir plus bas).
Windows 10 : par le panneau des connexions
- Ouvrez les connexions réseau Touche Windows + R, tapez
ncpa.cplet validez. Ce raccourci fonctionne aussi sur Windows 11. - Ouvrez les propriétés Clic droit sur la carte active (Wi-Fi ou Ethernet), puis Propriétés. Une autorisation administrateur est demandée.
- Sélectionnez le protocole Dans la liste, cliquez sur Protocole Internet version 4 (TCP/IPv4), puis sur Propriétés.
- Saisissez les serveurs Cochez Utiliser l'adresse de serveur DNS suivante, renseignez les deux champs, validez par OK.
- Répétez pour IPv6 Revenez dans la liste, sélectionnez Protocole Internet version 6 (TCP/IPv6) et procédez de même. Ne laissez pas cette étape de côté.
- Fermez et vérifiez Validez la fenêtre de propriétés, puis contrôlez avec
ipconfig /all.
La variante en ligne de commande
Ouvrez une invite de commandes ou un terminal en tant qu'administrateur. La première commande liste les noms exacts des interfaces, à reprendre tels quels entre guillemets.
netsh interface show interface # Serveur principal IPv4 (validate=no evite une longue attente de controle) netsh interface ipv4 set dnsservers name="Wi-Fi" source=static address=203.0.113.53 validate=no # Serveur secondaire IPv4 netsh interface ipv4 add dnsservers name="Wi-Fi" address=203.0.113.54 index=2 # Equivalent IPv6 netsh interface ipv6 set dnsservers name="Wi-Fi" source=static address=2001:db8::53 validate=no # Revenir au reglage annonce par le reseau netsh interface ipv4 set dnsservers name="Wi-Fi" source=dhcp netsh interface ipv6 set dnsservers name="Wi-Fi" source=dhcp
macOS
- Ouvrez les réglages réseau Menu Pomme > Réglages Système > Réseau. Sur les versions antérieures à macOS Ventura : Préférences Système > Réseau.
- Ouvrez les détails de l'interface Sélectionnez Wi-Fi et cliquez sur Détails… en face du réseau connecté. En filaire, sélectionnez l'interface Ethernet puis Détails…. Avant Ventura, le bouton s'appelait Avancé….
- Allez dans l'onglet DNS Choisissez DNS dans la colonne de gauche. Les serveurs affichés en gris sont ceux hérités du réseau : ils disparaîtront dès que vous ajouterez les vôtres.
- Ajoutez vos serveurs Cliquez sur le bouton + sous la liste, saisissez l'adresse, validez par la touche Entrée, recommencez pour le second. Les adresses IPv4 et IPv6 se saisissent dans la même liste.
- Ordonnez la liste L'ordre compte : faites glisser les entrées pour placer en tête celle que vous privilégiez.
- Validez Cliquez sur OK puis, sur les anciennes versions, sur Appliquer. Le réglage vaut pour ce service réseau et pour la « configuration » active : si vous utilisez plusieurs configurations, répétez l'opération.
Attention : sur macOS, un réglage DNS saisi sur l'interface Wi-Fi ne s'applique pas au partage de connexion depuis un iPhone, ni à une interface USB-Ethernet branchée ponctuellement. Chaque service réseau a sa propre liste.
Linux
Sur un poste de bureau moderne, deux composants se partagent le travail : NetworkManager, qui gère les connexions, et souvent systemd-resolved, qui joue le rôle de résolveur local. D'où une règle importante : modifier /etc/resolv.conf à la main ne sert à rien, ce fichier étant régénéré, voire remplacé par un lien vers le résolveur local sur 127.0.0.53.
Interface graphique (GNOME, KDE)
- Ouvrez les paramètres réseau Paramètres > Réseau pour le filaire, ou Wi-Fi pour le sans-fil.
- Éditez la connexion Cliquez sur la roue crantée en face de la connexion active.
- Onglet IPv4 Désactivez l'interrupteur Automatique situé à droite du champ DNS, en laissant la méthode sur Automatique (DHCP) pour l'adresse.
- Saisissez les serveurs Entrez les adresses séparées par une virgule, par exemple
203.0.113.53,203.0.113.54. - Répétez dans l'onglet IPv6 Même manipulation, avec les adresses IPv6 du résolveur.
- Appliquez Cliquez sur Appliquer, puis désactivez et réactivez la connexion : le nouveau réglage n'est pris en compte qu'à la reconnexion.
En ligne de commande avec nmcli
nmcli -f NAME,DEVICE,TYPE connection show --active
nmcli connection modify "Mon reseau" ipv4.dns "203.0.113.53 203.0.113.54"
nmcli connection modify "Mon reseau" ipv4.ignore-auto-dns yes
nmcli connection modify "Mon reseau" ipv6.dns "2001:db8::53"
nmcli connection modify "Mon reseau" ipv6.ignore-auto-dns yes
# Rechargement de la connexion
nmcli connection up "Mon reseau"
L'option ignore-auto-dns est celle que l'on oublie : sans elle, les serveurs annoncés par le réseau restent dans la liste et peuvent être interrogés en priorité.
Le cas de systemd-resolved
Pour un réglage global, indépendant de la connexion utilisée, créez un fichier /etc/systemd/resolved.conf.d/99-dns.conf plutôt que de modifier le fichier principal, qui sera écrasé aux mises à jour.
# /etc/systemd/resolved.conf.d/99-dns.conf
[Resolve]
DNS=203.0.113.53 203.0.113.54 2001:db8::53
FallbackDNS=
Domains=~.
DNSOverTLS=opportunistic
DNSSEC=allow-downgrade
sudo systemctl restart systemd-resolved resolvectl status
La ligne Domains=~. est déterminante : elle indique que le résolveur global doit être utilisé pour tous les domaines, y compris lorsqu'une connexion propose ses propres serveurs. FallbackDNS= laissé vide supprime les résolveurs de repli intégrés à la distribution, que vous n'avez pas choisis. La sortie de resolvectl status affiche, pour chaque lien, les serveurs réellement utilisés : c'est la seule source fiable sur ce type de système.
Android
Android propose deux mécanismes très différents, et la confusion entre les deux est fréquente.
DNS privé, le réglage global
Disponible depuis Android 9, il s'applique à toutes les connexions, Wi-Fi comme données mobiles, et à toutes les applications. Il utilise DNS-over-TLS : il attend donc un nom d'hôte, jamais une adresse IP. C'est le seul réglage DNS d'Android qui chiffre réellement les requêtes.
- Ouvrez les paramètres réseau Paramètres > Réseau et Internet. Selon le constructeur, l'entrée peut se trouver sous Connexions > Plus de paramètres de connexion, ou sous Avancé.
- Ouvrez « DNS privé » Si vous ne la trouvez pas, utilisez la loupe des paramètres et tapez « DNS ».
- Choisissez le mode Sélectionnez Nom d'hôte du fournisseur DNS privé pour un réglage strict, ou Automatique pour un chiffrement opportuniste avec le résolveur du réseau.
- Saisissez le nom d'hôte Par exemple
dns.exemple.fr, communiqué par le service que vous avez retenu. Une adresse IP sera refusée. - Enregistrez et testez Ouvrez une page. En mode strict, si le nom d'hôte est erroné ou injoignable, plus rien ne se résout : il n'y a pas de repli silencieux.
Réglage par réseau Wi-Fi
Pour un DNS non chiffré appliqué à un seul réseau, il faut passer par la configuration IP statique, ce qui oblige à saisir aussi une adresse IP fixe.
- Ouvrez la fiche du réseau Paramètres > Wi-Fi, appui long sur le réseau, puis Modifier le réseau (ou l'icône crayon / engrenage).
- Affichez les options avancées Dépliez Options avancées.
- Passez en IP statique Dans Paramètres IP, remplacez DHCP par Statique.
- Complétez tous les champs Adresse IP, passerelle, longueur du préfixe, puis DNS 1 et DNS 2. Choisissez une adresse IP hors de la plage distribuée par la box pour éviter un conflit : notre guide du DHCP explique comment repérer cette plage.
- Enregistrez Le réglage ne vaut que pour ce réseau et disparaît si vous l'oubliez.
iOS et iPadOS
Sur iPhone et iPad, le réglage manuel est lié au réseau Wi-Fi et ne s'applique jamais aux données cellulaires.
- Ouvrez la fiche du réseau Réglages > Wi-Fi, puis le bouton (i) en face du réseau connecté.
- Ouvrez la configuration DNS Faites défiler jusqu'à Configurer le DNS et choisissez Manuel.
- Supprimez les serveurs hérités Touchez le signe rouge en face de chaque serveur existant, puis Supprimer. Sans cette étape, les serveurs du réseau restent interrogeables.
- Ajoutez vos serveurs Ajouter un serveur, saisissez l'adresse, recommencez pour la seconde.
- Enregistrez Touchez Enregistrer en haut à droite. Répétez sur chaque réseau Wi-Fi que vous utilisez régulièrement.
Pour un réglage chiffré valable sur toutes les connexions, y compris en 4G ou 5G, iOS s'appuie sur un profil DNS : un fichier de configuration, ou une application qui en installe un. Une fois installé, il se pilote dans Réglages > Général > VPN, DNS et gestion de l'appareil > DNS, où vous pouvez l'activer ou le désactiver. Un seul profil DNS peut être actif à la fois.
Attention : un profil DNS reçoit l'intégralité de vos requêtes de résolution, sur tous les réseaux. N'installez que des profils issus d'une source que vous avez identifiée et dont vous avez lu la politique de confidentialité. Un profil récupéré sur un forum ou un site de partage est un accès permanent à votre historique de navigation par domaine.
La box ou le routeur
C'est l'endroit le plus efficace : un réglage unique couvre la télévision connectée, la console, l'aspirateur robot et les appareils de vos invités, qui n'ont pour la plupart aucune interface de configuration DNS. Encore faut-il distinguer deux paramètres différents, régulièrement confondus.
- Le résolveur que la box utilise pour elle-même, côté opérateur. Peu de box grand public permettent de le modifier.
- Le résolveur que la box annonce à vos appareils via le DHCP. C'est celui-ci qui compte pour votre réseau local. Par défaut, la box annonce le plus souvent sa propre adresse, par exemple
192.168.1.1, et relaie ensuite les requêtes vers les serveurs de l'opérateur.
- Connectez-vous à l'interface d'administration Depuis un appareil du réseau local, ouvrez l'adresse de la box dans un navigateur : selon l'opérateur,
192.168.1.1,192.168.1.254ou une adresse propre au constructeur, indiquée sur l'étiquette de l'appareil. - Authentifiez-vous Avec le mot de passe d'administration, qui n'est pas celui du Wi-Fi. S'il s'agit encore du mot de passe d'usine, changez-le : notre guide pour sécuriser sa box détaille pourquoi.
- Trouvez la section DHCP ou réseau local Les champs se nomment « Serveurs DNS », « DNS primaire / secondaire » ou « DNS annoncés aux clients ». Ils sont parfois masqués derrière un mode « avancé » ou « expert ».
- Saisissez vos serveurs, puis enregistrez Prenez une capture d'écran des valeurs précédentes avant de les remplacer.
- Renouvelez les baux Les appareils conservent le réglage reçu jusqu'à l'expiration de leur bail DHCP. Redémarrez-les, ou forcez le renouvellement :
ipconfig /releasepuisipconfig /renewsous Windows. - Traitez l'IPv6 Si la box distribue de l'IPv6, cherchez le réglage DNS correspondant. En son absence, les appareils continueront d'utiliser le résolveur IPv6 annoncé par la box.
Certaines box ne proposent tout simplement pas ces champs, et ce n'est pas un oubli. L'équipement reste la propriété de l'opérateur, qui l'administre à distance : la résolution de noms y sert aussi à la télévision par IP, à la téléphonie, à la mise à jour du micrologiciel et au dépannage. Les modèles et leurs possibilités varient d'un opérateur à l'autre et d'une génération de matériel à l'autre ; notre panorama des fournisseurs d'accès français replace ces différences dans leur contexte. Si votre box ne permet rien, trois solutions : configurer les appareils un par un, placer votre propre routeur derrière la box, ou installer un résolveur local sur un petit ordinateur du réseau et l'annoncer par le DHCP si ce champ est modifiable.
Vérifier que le changement a pris effet
Un réglage enregistré n'est pas un réglage appliqué. Trois commandes permettent de savoir qui répond réellement à vos requêtes.
# Windows, macOS, Linux : la ligne "Serveur" indique le resolveur interroge nslookup mon-adresse-ip.net # Linux, macOS : la ligne ";; SERVER:" en bas de la reponse dig mon-adresse-ip.net # Interroger explicitement un resolveur precis, pour comparer dig +short @203.0.113.53 mon-adresse-ip.net # Windows PowerShell Get-DnsClientServerAddress -AddressFamily IPv4 Resolve-DnsName mon-adresse-ip.net
Comment lire le résultat ? La ligne « Serveur » de nslookup et la ligne ;; SERVER: de dig donnent l'adresse du résolveur consulté. Si elle correspond à ce que vous avez saisi, le réglage est actif. Deux résultats déroutants méritent une explication :
- La réponse indique
127.0.0.53: c'est normal sous Linux avec systemd-resolved : vous voyez le résolveur local, qui masque le serveur réellement interrogé. Utilisezresolvectl statuspour connaître les serveurs en amont. - La réponse indique l'adresse de votre box : la box relaie les requêtes. Votre appareil est bien configuré pour l'interroger, mais c'est la box qui choisit le résolveur final ; le réglage doit alors se faire sur la box.
Astuce peu connue : de nombreux résolveurs répartis en anycast répondent à une requête dig +short CHAOS TXT id.server @adresse par un identifiant de site, ce qui révèle le point de présence qui vous sert. C'est le moyen le plus direct de savoir si vous êtes réellement servi depuis la France ou depuis l'autre bout de l'Europe.
Vider le cache DNS
Tant que l'ancienne réponse est en cache, vos tests mesureront le passé. Chaque système a sa commande :
# Windows (invite de commandes) ipconfig /flushdns # Windows (PowerShell) Clear-DnsClientCache # macOS sudo dscacheutil -flushcache sudo killall -HUP mDNSResponder # Linux avec systemd-resolved resolvectl flush-caches # Anciennes versions sudo systemd-resolve --flush-caches
N'oubliez pas le cache du navigateur, distinct de celui du système : Chrome l'expose sur chrome://net-internals/#dns, Firefox sur about:networking#dns. Sur Android et iOS, aucune commande n'existe : activez puis désactivez le mode Avion, ou oubliez le réseau Wi-Fi et reconnectez-vous.
Les pièges qui annulent votre réglage
C'est la partie que la plupart des tutoriels omettent, alors qu'elle explique la quasi-totalité des « ça n'a rien changé ».
Le DNS annoncé par le réseau reprend la main
Sur un appareil réglé en « automatique », le serveur DNS fait partie des informations transmises par le DHCP avec l'adresse IP : au renouvellement du bail, ou après un redémarrage de la box, la valeur du réseau s'applique de nouveau. Variante plus subtile en IPv6 : le routeur annonce ses résolveurs dans ses messages d'annonce, et le système peut les préférer à votre réglage IPv4. Un test qui semble échouer sans raison provient très souvent de là. Traitez systématiquement les deux familles d'adresses, ou désactivez l'acquisition automatique des DNS pour chacune.
Le navigateur court-circuite le système
Les navigateurs modernes savent résoudre eux-mêmes les noms en DoH, sans passer par le résolveur du système. Votre réglage Windows ou macOS reste alors inopérant pour la navigation, tout en s'appliquant aux autres applications. Vérifiez dans Chrome sous Confidentialité et sécurité > Sécurité > Utiliser un DNS sécurisé, et dans Firefox sous Vie privée et sécurité > DNS via HTTPS. Notre guide du DNS chiffré explique comment aligner les deux niveaux plutôt que de les laisser se contredire.
Le VPN impose ses propres serveurs
Un client VPN correctement conçu redirige la résolution vers ses propres résolveurs : c'est précisément ce qui évite qu'un observateur du réseau local apprenne les noms que vous consultez. Votre réglage manuel est donc ignoré tant que le tunnel est actif, et c'est un bon comportement. Voir notre guide des VPN ; si vous constatez l'inverse, c'est-à-dire des requêtes qui continuent de partir vers le résolveur du réseau, il s'agit d'une fuite DNS à corriger.
Le portail captif cesse de fonctionner
Les réseaux Wi-Fi d'hôtels, de gares ou de trains affichent leur page d'authentification en détournant la résolution DNS. Avec un résolveur figé, et plus encore avec un DNS chiffré, ce détournement échoue et la page ne s'ouvre jamais. Le symptôme est caractéristique : connecté au Wi-Fi, aucun accès, aucune page de connexion. La solution consiste à rétablir temporairement le réglage automatique le temps de s'authentifier. Notre guide sur le Wi-Fi public détaille les précautions associées.
Le réseau intercepte le port 53
Certains réseaux d'entreprise, d'hôtel ou de mobilité redirigent de force tout le trafic DNS vers leur propre résolveur. Vos requêtes semblent partir vers l'adresse choisie, mais un autre serveur y répond. Le signe qui ne trompe pas : la réponse à une interrogation directe d'un résolveur inaccessible arrive quand même. C'est aussi l'une des situations où un service refuse votre connexion sans explication, un cas traité dans notre guide mon adresse IP est bloquée.
Le réseau d'entreprise a besoin de son résolveur
Sur un poste professionnel ou en télétravail, le résolveur interne connaît des noms qui n'existent nulle part ailleurs : intranet, partages de fichiers, serveurs d'impression. Le remplacer casse ces accès. Sur ces réseaux, ne modifiez rien sans l'accord de votre service informatique.
Filtrage et contrôle parental par le DNS
Le filtrage par DNS consiste à confier la résolution à un service qui refuse de répondre pour certaines catégories de domaines. C'est simple à mettre en place, cela couvre tous les appareils du foyer d'un seul geste, et cela n'exige aucun logiciel sur les machines. Il faut en revanche être lucide sur ce que cela protège.
Ce que cela bloque
- Les domaines connus pour héberger de l'hameçonnage ou des logiciels malveillants, avant même l'ouverture de la connexion.
- Une part des domaines publicitaires et de mesure d'audience, sur tous les appareils, y compris ceux sans bloqueur.
- Les catégories de sites listées par le service, ce qui limite l'exposition accidentelle des plus jeunes.
- Les tentatives de contact vers des serveurs de commande, pour un objet connecté compromis.
Ce que cela ne bloque pas
- Un contenu précis à l'intérieur d'un domaine autorisé : le filtrage travaille au niveau du nom de domaine, pas de la page ni de la vidéo.
- Les applications qui embarquent leur propre résolution DoH ou des adresses IP en dur.
- Tout ce qui passe par les données mobiles, un partage de connexion ou un autre réseau Wi-Fi.
- Le trafic d'un appareil dont le DNS a été reconfiguré à la main, ou qui utilise un VPN.
Disons-le franchement : un adolescent motivé contourne un filtrage DNS en moins d'une minute. Il lui suffit d'appliquer, sur son téléphone, l'une des procédures décrites plus haut, d'activer le DNS via HTTPS dans son navigateur, de basculer sur les données mobiles, ou d'installer une application de tunnel. Aucune de ces manipulations ne demande de compétence particulière et toutes sont documentées partout. Le filtrage DNS est donc une barrière contre l'exposition accidentelle et contre les domaines franchement malveillants, pas un dispositif de contrôle.
Si votre objectif est réellement d'encadrer l'usage d'un mineur, combinez trois choses : le filtrage DNS pour la couche réseau, les contrôles intégrés au système d'exploitation ou au compte familial, qui eux résistent à un changement de réseau, et surtout une conversation explicite sur les règles retenues. Un filtrage posé sans explication est perçu comme un défi technique ; les mêmes règles annoncées sont bien mieux respectées. Sur votre propre réseau, vous pouvez renforcer l'ensemble en interdisant sur la box les connexions sortantes vers le port 53 autres que celles destinées à votre résolveur, quand elle offre ce niveau de configuration.
Dernier point : un résolveur filtrant se trompe parfois. Une image d'illustration, une ressource technique ou un service légitime peut se retrouver bloqué parce qu'il partage un domaine avec autre chose. Avant de conclure à une panne, testez le même nom sur un résolveur neutre : la différence de réponse identifie immédiatement un filtrage.
Quand la résolution échoue : arbre de décision
Symptôme classique : « je n'ai plus Internet », alors que la connexion est parfaitement établie et que seule la résolution des noms est en panne. Voici comment trancher en quelques minutes, du plus proche au plus lointain.
- Testez le réseau local Pinguez votre box, par exemple
ping 192.168.1.1. Si cela échoue, le problème est votre Wi-Fi ou votre câble, pas le DNS. - Testez la connectivité par adresse IP Relevez au préalable, sur un appareil qui fonctionne, l'adresse d'un site avec
dig +short, puis pinguez cette adresse. Si le ping passe mais que le nom ne se résout pas, c'est un problème de DNS. Si rien ne passe, c'est un problème de connectivité : notre guide ping et traceroute explique comment localiser la rupture. - Interrogez un autre résolveur Lancez
nslookup mon-adresse-ip.net 203.0.113.53en remplaçant l'adresse par un autre résolveur. Si cela répond, votre résolveur habituel est en panne ou filtre ; changez-le temporairement. - Lisez le code de réponse
NXDOMAINsignifie que le domaine n'existe pas, souvent une simple faute de frappe.SERVFAILindique un échec du résolveur, fréquemment lié à une validation DNSSEC en défaut ou à un serveur d'origine injoignable.REFUSEDsignale un résolveur qui refuse de vous servir. Une absence totale de réponse pointe vers un blocage du port 53. - Comparez avec un autre accès Le test le plus rapide du quotidien : le site s'ouvre-t-il en données mobiles, Wi-Fi coupé ? Si oui, le problème est chez vous ou chez votre opérateur ; si non, il est du côté du site.
- Isolez l'appareil Un seul appareil concerné oriente vers sa configuration ou son cache ; tout le foyer concerné oriente vers la box ou l'opérateur.
Deux cas particuliers valent la peine d'être connus. Un site qui vient de changer d'hébergement peut être injoignable pendant quelques heures parce qu'un résolveur conserve l'ancienne réponse jusqu'à l'expiration de sa durée de vie : le champ TTL, décrit dans notre guide des types d'enregistrements DNS, dicte cette patience. Et un service accessible par son adresse IP mais pas par son nom peut simplement avoir perdu un enregistrement, ce que dig confirme en une commande.
Questions fréquentes
Changer de serveur DNS accélère-t-il vraiment ma connexion ?
Cela ne change ni votre débit ni votre latence réseau. Seul le temps de résolution des noms varie, soit quelques dizaines de millisecondes lors du premier accès à un domaine, et rien du tout ensuite puisque la réponse est mise en cache. Le gain est parfois perceptible sur une page qui charge des ressources hébergées sur de nombreux domaines, mais il reste marginal. Le résolveur de votre opérateur, situé sur son propre réseau, est souvent le plus proche de vous.
Changer de DNS masque-t-il mon adresse IP ?
Non, absolument pas. Le résolveur traduit des noms en adresses ; il ne transporte pas votre trafic. Les sites que vous visitez continuent de voir la même adresse IP publique, que vous pouvez vérifier sur notre page d'accueil. Pour changer l'adresse vue par les sites, il faut un intermédiaire qui relaie réellement les paquets, comme expliqué dans notre guide sur le masquage d'adresse IP.
Vaut-il mieux régler le DNS sur la box ou sur chaque appareil ?
Sur la box quand c'est possible : le réglage couvre alors la télévision connectée, la console, les objets connectés et les invités, sans configuration individuelle. Sur les appareils quand la box ne le permet pas, ou quand vous voulez un réglage qui vous suive à l'extérieur. Les deux approches se combinent : la box pour le foyer, un réglage personnel sur l'ordinateur portable et le téléphone.
Pourquoi mon réglage disparaît-il au bout de quelques jours ?
Trois causes courantes : le paramétrage a été fait sur un profil de réseau Wi-Fi que l'appareil a oublié, une remise à zéro de la box a rétabli sa configuration d'usine, ou le réseau annonce un résolveur en IPv6 que le système préfère alors que vous n'avez modifié que l'IPv4. Vérifiez toujours les deux familles d'adresses, comme détaillé dans la section sur les pièges.
Combien de serveurs DNS faut-il indiquer ?
Deux suffisent dans la quasi-totalité des cas. Attention à une idée fausse répandue : le second serveur n'est pas un « serveur de secours » interrogé seulement en cas de panne du premier. Les systèmes basculent parfois de l'un à l'autre selon les délais de réponse. Si vous mélangez un résolveur filtrant et un résolveur non filtrant, le filtrage deviendra inconstant. Indiquez donc deux adresses du même service.
Est-il légal de changer de serveur DNS en France ?
Oui, c'est un simple paramètre réseau, librement modifiable sur vos propres appareils. Cela ne rend légal aucun usage qui ne le serait pas : une décision de justice ordonnant le blocage d'un site reste opposable, et contourner un blocage ne fait pas disparaître l'infraction sous-jacente. Sur un réseau qui ne vous appartient pas, entreprise ou établissement scolaire, respectez la charte informatique en vigueur.