Test de fuite WebRTC

Par La rédaction de Mon-Adresse-IP.net·Publié le ·Mis à jour le ·

Le WebRTC permet à deux navigateurs de se parler directement, sans serveur intermédiaire. Pour y parvenir, il doit dresser la liste des adresses IP par lesquelles votre machine est joignable : y compris, parfois, celle qu'un VPN était censé masquer. Ce test s'exécute dans votre navigateur et n'envoie rien à nos serveurs ; il doit en revanche interroger un serveur STUN public tiers pour découvrir votre adresse publique, comme expliqué plus bas. Rien d'autre n'envoyer à nos serveurs, et cette page explique comment interpréter chaque ligne du résultat.

Adresse IP vue par ce site : 216.73.216.15

Lancez l'analyse pour comparer cette adresse avec celles éventuellement exposées par le WebRTC.

L'essentiel

  • Le WebRTC n'est pas une faille : c'est la brique qui rend possible la visioconférence sans plugin dans votre navigateur.
  • Il collecte des adresses parce qu'établir une connexion directe entre deux machines situées derrière des box impose de connaître toutes les voies d'accès possibles.
  • Voir votre adresse publique s'afficher n'est pas une fuite si vous n'utilisez aucun tunnel : c'est le fonctionnement attendu.
  • La vraie fuite, c'est l'adresse de votre fournisseur d'accès qui apparaît alors qu'un VPN est actif ; elle vient très souvent de l'IPv6.
  • Les identifiants en .local ne sont pas des adresses : ce sont des pseudonymes générés par le navigateur pour vous protéger.

Qu'est-ce que le WebRTC et pourquoi il existe

WebRTC signifie Web Real-Time Communication. C'est un ensemble d'interfaces de programmation standardisées par le W3C et l'IETF qui permettent à une page web de capturer un microphone ou une caméra, puis d'échanger ce flux, ainsi que des données arbitraires, avec un autre navigateur, en temps réel et de préférence sans passer par un serveur relais.

Avant son arrivée, la visioconférence dans un navigateur imposait un greffon propriétaire, avec les problèmes de sécurité et de compatibilité que l'on sait. Aujourd'hui, la plupart des services d'appel vidéo accessibles par une simple URL, les outils de support à distance qui affichent votre écran dans un onglet, les jeux multijoueurs à faible latence et certains transferts de fichiers de navigateur à navigateur reposent sur cette technologie. Elle est active par défaut dans tous les navigateurs modernes, sur ordinateur comme sur mobile.

Il faut donc poser les choses clairement : le WebRTC n'est pas un bug ni une porte dérobée. C'est une fonctionnalité qui fait exactement ce pour quoi elle a été conçue. Le problème de vie privée naît d'une collision entre deux objectifs légitimes : la connexion directe, qui exige de connaître les adresses réelles des participants, et l'anonymisation par tunnel, qui vise précisément à les cacher. Aucune des deux n'est fautive ; c'est leur combinaison mal configurée qui pose problème.

Pourquoi le WebRTC révèle des adresses IP

Imaginez deux personnes qui veulent s'appeler. Chacune se trouve derrière une box qui pratique la traduction d'adresses réseau (NAT) : sur le réseau domestique, l'ordinateur porte une adresse privée du type 192.168.1.28, totalement inutilisable depuis l'extérieur, tandis que la box expose une seule adresse publique partagée par tous les appareils du foyer. Si le premier ordinateur envoie « joins-moi sur 192.168.1.28 », le second n'ira nulle part : cette adresse désigne un appareil de son propre réseau, ou rien du tout.

Pour résoudre ce problème, le WebRTC s'appuie sur un mécanisme baptisé ICE (Interactive Connectivity Establishment, décrit par le RFC 8445). Le principe est simple : chaque participant dresse la liste exhaustive des chemins par lesquels on pourrait le joindre, appelés candidats, les envoie à l'autre, puis les deux testent systématiquement toutes les combinaisons jusqu'à en trouver une qui fonctionne. Trois familles de candidats nous intéressent ici :

  • Les candidats host : les adresses portées directement par les interfaces de la machine : Wi-Fi, Ethernet, adresse IPv6 globale, éventuellement adaptateur virtuel d'un VPN.
  • Les candidats server reflexive (srflx) : l'adresse publique telle qu'elle est vue de l'extérieur. Pour la découvrir, le navigateur envoie un petit paquet à un serveur STUN (RFC 8489), dont l'unique rôle est de répondre : « voici l'adresse et le port par lesquels ta requête m'est parvenue ». C'est cette réponse qui révèle l'adresse publique réellement utilisée par le trafic.
  • Les candidats relay : une adresse louée sur un serveur TURN, utilisée en dernier recours quand aucune connexion directe n'est possible. Elle ne révèle rien de vous, mais coûte de la bande passante à l'opérateur du service.

Le point décisif est celui-ci : la découverte STUN se fait en UDP, en dehors du flux HTTPS de la page. Si votre tunnel VPN n'intercepte pas ce trafic (parce qu'il ne route que le TCP, parce qu'il ignore l'IPv6, ou parce qu'il s'agit d'une simple extension de navigateur qui ne fait que du proxy HTTP), alors le paquet part par votre connexion normale et le serveur STUN répond avec votre véritable adresse. La page peut la lire immédiatement, sans autorisation particulière et sans que vous ayez rien à cliquer.

Astuce : un serveur STUN ne voit passer qu'une requête et n'a aucune connaissance du contenu de votre appel. C'est un simple « miroir » d'adresse, comparable à ce que fait notre page d'accueil, mais en UDP. Le risque n'est pas le serveur STUN : c'est la page web qui lit sa réponse.

Comment lire les résultats du test

Le test collecte les candidats ICE générés par votre navigateur et en extrait toutes les adresses. Selon votre configuration, vous verrez apparaître plusieurs types de valeurs, dont la signification est très différente. C'est le point que la plupart des tests de fuite passent sous silence, alors qu'il conditionne toute l'interprétation.

Ce que le test affiche Exemple Ce dont il s'agit Faut-il s'en inquiéter ?
Identifiant mDNS 9b4c1f7e-…-8a2d.local Pseudonyme aléatoire remplaçant une adresse locale réelle Non : c'est la protection du navigateur qui fonctionne
Adresse IPv4 privée 192.168.1.28, 10.0.0.7, 172.20.5.3 Adresse de votre réseau domestique ou d'entreprise (RFC 1918) Faible : révèle la topologie interne, pas votre identité
Adresse de lien local 169.254.3.9, fe80::1c4d Interface sans configuration ou portée strictement locale Non : inexploitable depuis Internet
Adresse IPv6 unique locale fd7a:115c:… Équivalent IPv6 d'une adresse privée, souvent posée par un réseau maillé Non
Adresse IPv4 publique Une adresse commençant par 78., 86., 2. Adresse vue par le serveur STUN, en principe celle de votre box Uniquement si elle diffère de celle affichée par votre VPN
Adresse IPv6 publique 2a01:e0a:…, 2a02:8428:… Adresse globale attribuée à votre machine par le préfixe de la box Oui si un VPN limité à l'IPv4 est actif

Le cas particulier des identifiants .local

Il y a quelques années, n'importe quelle page web pouvait lire l'adresse privée exacte de votre ordinateur. C'était peu grave en soi (une adresse comme 192.168.1.28 n'est pas unique au monde et ne permet pas de vous identifier), mais cela renseignait sur la structure de votre réseau et, surtout, cela offrait un signal supplémentaire aux régies publicitaires, capables de reconnaître deux visiteurs différents partageant la même adresse publique.

Les navigateurs ont donc adopté une contre-mesure décrite par le RFC 8828 : au lieu de publier l'adresse locale, le navigateur enregistre un nom aléatoire dans le système multicast DNS de votre réseau, du type 9b4c1f7e-3a11-4f60-9c2e-8a2d5f0b1c33.local, et ne transmet que ce nom. Vos voisins de réseau savent le résoudre (c'est ce qui permet à l'appel de fonctionner entre deux machines du même bureau), mais un site distant n'en tire strictement rien. L'identifiant est régénéré et cloisonné par origine, ce qui empêche de vous suivre d'un site à l'autre.

Concrètement : si le test n'affiche que des .local dans la partie « adresses locales », votre navigateur est à jour et applique correctement cette protection. Une nuance mérite d'être connue : sur les navigateurs dérivés de Chromium, l'anonymisation est levée pour les sites auxquels vous avez déjà accordé l'accès au micro ou à la caméra, puisque l'appel réel a besoin des vraies adresses. Un site de visioconférence que vous utilisez régulièrement voit donc davantage de choses qu'un site quelconque : une raison de plus de ne donner ces autorisations qu'aux services que vous utilisez vraiment.

Y a-t-il vraiment fuite ?

C'est la question que la plupart des pages sur le sujet évitent soigneusement, parce que la réponse honnête est décevante : dans la majorité des cas, non.

Si vous ne faites transiter votre connexion par aucun tunnel, l'adresse publique remontée par le WebRTC est celle de votre box, c'est-à-dire exactement celle que ce site affiche déjà en haut de page et que voit chaque serveur que vous contactez. Il n'y a rien à « fuir » : cette adresse est nécessaire au fonctionnement d'Internet, elle figure dans les journaux de tous les sites que vous visitez, au même titre que les en-têtes HTTP que votre navigateur transmet spontanément. Le test se contente alors de confirmer une situation normale.

La fuite au sens strict correspond à un écart. Elle existe quand :

  1. Un tunnel est actif VPN, proxy système ou réseau anonymisant, censé faire apparaître une autre adresse à votre place.
  2. Le test remonte une adresse publique différente de celle que ce site affiche : typiquement l'adresse réelle de votre fournisseur d'accès, ou une adresse IPv6 native alors que le tunnel n'annonce qu'une IPv4.
  3. Cette adresse permet de vous relier à votre abonnement : elle est associée à votre ligne chez Orange, Free, SFR ou Bouygues, et non à l'infrastructure du fournisseur de tunnel.

Deux faux positifs classiques méritent d'être signalés. Le premier concerne les abonnés en CGNAT : l'adresse publique remontée est partagée entre de nombreux clients de l'opérateur, souvent sur les offres mobiles et fibre d'entrée de gamme. Elle reste une donnée à caractère personnel, mais elle vous identifie beaucoup moins précisément qu'une adresse dédiée. Le second concerne les VPN dits « à double saut » ou les configurations d'entreprise : l'adresse remontée peut différer de celle du site sans être la vôtre pour autant. Dans le doute, vérifiez à qui appartient l'adresse trouvée avec notre outil de recherche d'IP : si l'organisation correspond à votre fournisseur d'accès grand public, la fuite est réelle.

Attention : ce test ne couvre qu'un canal de fuite parmi d'autres. Une adresse peut aussi s'échapper par les requêtes DNS envoyées hors du tunnel, par une coupure momentanée de la connexion VPN, ou tout simplement parce qu'un compte connecté vous identifie bien mieux qu'une adresse IP. Aucun outil ne garantit l'anonymat ; il permet seulement de repérer un défaut de configuration précis.

Que faire en cas de fuite réelle

Les solutions ne se valent pas. Voici les mesures classées de la plus efficace à la plus contraignante, avec leurs contreparties réelles.

1. Corriger la cause : le traitement de l'IPv6 par le tunnel

C'est de loin l'origine la plus fréquente en France, où l'IPv6 est largement déployé chez les principaux opérateurs. Si votre tunnel ne transporte que l'IPv4 pendant que votre box continue de fournir une connectivité IPv6 native, une part de votre trafic (variable, mais qui peut être importante), échappe à la protection, et le WebRTC le montre immédiatement. Deux configurations acceptables existent : un service qui achemine véritablement l'IPv6 dans le tunnel, ou un service qui bloque totalement l'IPv6 pendant la connexion afin de forcer le repli sur l'IPv4 protégée. Les protocoles modernes gèrent tous l'IPv6 sur le plan technique ; c'est l'implémentation du client qui fait la différence. Notre guide des VPN détaille les points à vérifier avant de s'engager.

2. Activer le coupe-circuit (kill switch)

Cette fonction bloque tout trafic sortant qui n'emprunte pas le tunnel, y compris les paquets UDP du WebRTC et l'IPv6 quand elle n'est pas prise en charge. C'est la protection la plus robuste car elle agit au niveau du système, avant que le navigateur n'ait son mot à dire. Contrepartie : en cas de coupure du VPN, vous perdez purement et simplement Internet jusqu'à la reconnexion, ce qui est précisément l'effet recherché.

3. Restreindre ou désactiver le WebRTC dans le navigateur

Mesure efficace mais brutale, détaillée dans la section suivante. Elle traite le symptôme et non la cause : votre trafic ordinaire continuera de fuir par d'autres canaux si le tunnel est mal configuré. Elle a du sens sur un profil dédié à la navigation, beaucoup moins sur le poste avec lequel vous participez à des réunions.

4. Cloisonner avec un profil ou un navigateur dédié

Approche souvent plus confortable : un navigateur A, sans WebRTC et utilisé derrière le tunnel, et un navigateur B, normal, pour la visioconférence et les services qui vous connaissent déjà. Le cloisonnement limite aussi la corrélation entre vos activités, ce que ne fait aucun réglage isolé. C'est le principe que l'on retrouve poussé à l'extrême dans le navigateur Tor.

Pourquoi les extensions « anti-WebRTC » sont un remède imparfait

Ce qu'elles apportent

  • Une solution en un clic sur les navigateurs sans réglage natif.
  • Un réglage souvent modulable par site.
  • Une amélioration réelle par rapport à l'absence totale de protection.

Leurs limites

  • Elles ne suppriment pas l'interface WebRTC : elles modifient une préférence de gestion des adresses, que le navigateur peut réinterpréter au fil des mises à jour.
  • Elles n'agissent qu'après leur propre chargement, et pas dans tous les contextes (fenêtres privées, cadres tiers) selon leurs autorisations.
  • Elles n'ont aucun effet sur les fuites DNS ou IPv6, qui sont le vrai sujet.
  • Une extension installée est un signal distinctif de plus pour l'empreinte de votre navigateur, et elle exige un niveau de confiance élevé puisqu'elle accède aux paramètres de vie privée.

Désactiver le WebRTC selon le navigateur

Les possibilités varient fortement d'un navigateur à l'autre. Voici l'état réel des options, sans promesse excessive.

Navigateur Marche à suivre Effet
Firefox Ouvrir about:config, accepter l'avertissement, rechercher media.peerconnection.enabled et le passer à false. Désactivation complète. Option intermédiaire : media.peerconnection.ice.default_address_only à true ne publie qu'une seule adresse et préserve les appels.
Chrome Aucun réglage natif dans les préférences. Il faut passer par une extension, ou par une politique d'entreprise déployée par un administrateur. Protection partielle par extension ; réglage fiable uniquement en environnement géré.
Edge, Brave, Opera, Vivaldi Même base technique que Chrome. Certains proposent un réglage de vie privée dédié dans leurs paramètres ; sinon, extension ou politique. Variable selon l'éditeur ; vérifiez le résultat avec ce test après chaque modification.
Safari Pas d'option destinée au grand public. Safari applique par défaut l'anonymisation mDNS et ne divulgue les adresses locales qu'après autorisation d'accès au micro ou à la caméra. Protection correcte par défaut, désactivation manuelle non prévue.
Mobile (Android, iOS) Les réglages avancés sont absents des versions mobiles ; sur Android, Firefox permet parfois d'accéder aux préférences avancées. Privilégiez la correction côté tunnel plutôt que côté navigateur.

Attention : désactiver complètement le WebRTC empêche le fonctionnement de la visioconférence dans le navigateur, du partage d'écran, de certains outils de support à distance et de quelques jeux en ligne. Si vous appliquez ce réglage, notez-le quelque part : dans six mois, face à un service d'appel qui refuse de démarrer, vous aurez oublié la cause.

Après chaque modification, relancez le test en haut de cette page, puis vérifiez également l'adresse vue par nos autres outils : un réglage peut résoudre la fuite WebRTC sans corriger la fuite DNS, et inversement. La méthode que nous suivons pour ces vérifications est décrite dans notre page de méthodologie.

WebRTC et empreinte du navigateur

La fuite d'adresse n'est pas le seul apport du WebRTC au pistage. L'interface expose aussi la liste des périphériques média disponibles sur votre machine. Sans autorisation, un site n'obtient ni le nom ni l'identifiant de vos appareils, mais il apprend combien vous avez d'entrées audio, de sorties audio et de caméras. Un ordinateur portable avec un casque USB branché, un micro externe et une webcam supplémentaire présente une combinaison sensiblement plus rare qu'une machine sortie d'usine.

S'y ajoutent les capacités déclarées de votre pile média : codecs pris en charge, extensions d'en-tête, ordre exact dans lequel ces éléments sont annoncés. Cette liste varie avec le navigateur, sa version, le système d'exploitation et parfois les pilotes installés. Prise isolément, chacune de ces valeurs est banale ; combinées, elles contribuent à un identifiant stable qui n'a besoin d'aucun cookie pour vous suivre.

Vous pouvez mesurer concrètement l'effet de ces signaux avec notre outil Empreinte de mon navigateur, qui montre ce que votre configuration révèle réellement, et comprendre les contre-mesures possibles dans notre guide sur l'empreinte de navigateur. Une conclusion s'impose souvent : masquer son adresse IP améliore la situation, mais ne suffit pas à devenir indistinct. Notre dossier sur les moyens de masquer son adresse IP replace chaque outil devant le risque qu'il traite réellement, et notre guide sur les adresses publiques et privées précise ce que chaque type d'adresse dit vraiment de vous.

Questions fréquentes

Le test affiche mon adresse IP publique : suis-je victime d'une fuite ?

Pas nécessairement, et c'est même le cas le plus fréquent. Si vous n'utilisez ni VPN ni proxy, le WebRTC affiche simplement l'adresse que votre fournisseur d'accès vous attribue, celle que tous les sites voient déjà en consultant votre connexion. Il n'y a fuite que lorsqu'un tunnel est censé masquer cette adresse et qu'elle apparaît malgré tout. Comparez toujours le résultat avec l'adresse indiquée par notre outil de recherche d'IP.

Que signifient les adresses en .local affichées par le test ?

Ce sont des identifiants mDNS générés aléatoirement par votre navigateur pour remplacer vos adresses locales réelles, conformément au RFC 8828. Ils ressemblent à 9b4c1f7e-3a11-4f60-9c2e-8a2d5f0b1c33.local, changent d'un site à l'autre et n'ont aucun sens en dehors de votre réseau. Leur présence signifie que la protection du navigateur fonctionne correctement.

Pourquoi mon VPN laisse-t-il passer une adresse IPv6 ?

Parce que beaucoup de configurations ne tunnellisent que l'IPv4. La box reste alors seule à fournir une connectivité IPv6 native, et le WebRTC collecte cette adresse globale sans passer par le tunnel. La correction consiste à choisir un service qui achemine réellement l'IPv6 ou qui la bloque entièrement, ce que détaillent nos guides sur les protocoles VPN et l'IPv6 à la maison.

Faut-il désactiver le WebRTC par précaution ?

Seulement si vous n'en avez pas l'usage. Désactiver la fonctionnalité coupe la visioconférence dans le navigateur, le partage d'écran, certains jeux et outils de support à distance. Pour un poste qui sert uniquement à naviguer, c'est une mesure cohérente ; pour un poste de travail, elle crée plus de problèmes qu'elle n'en résout.

Les extensions anti-WebRTC suffisent-elles ?

Elles réduisent le risque sans le supprimer. Sur les navigateurs dérivés de Chromium, elles se contentent de modifier une préférence interne de gestion des adresses, réglage que le navigateur peut contourner dans certains cas de repli, et elles n'agissent qu'une fois chargées. Elles ajoutent en prime un signal supplémentaire à votre empreinte de navigateur. Corriger la cause au niveau du tunnel reste plus fiable.

Le mode de navigation privée protège-t-il des fuites WebRTC ?

Non. La navigation privée n'agit que sur ce qui est conservé localement : historique, cookies, cache. Elle ne change rien aux adresses collectées par le mécanisme ICE ni à la route qu'emprunte votre trafic. Une fenêtre privée et une fenêtre normale produisent exactement le même résultat sur ce test.